Mame Diarra
Le blog d'une étudiante en sciences de l'information et des bibliothèques
Nasr Eddin est invité chez un riche. La collation qu'il fait servir est un délicieux lait de chamelle bien frais saupoudré de cannelle.
L'hôte s'en sert un plein bol, mais il ne remplit qu'à demi celui de son invité.
Nasr Eddin commence alors à s'agiter sur son siège, cherchant partout autour de lui.
- Qu'est-ce que tu voudrais, Nasr Eddin? Une cuiller, du sucre ?
- Non, une scie. J'aimerais enlever le haut de mon bol qui ne me sert à rien.
/Mulla Nasr Eddin
Sur la question "en quoi consiste le soufisme ?", Abu Saïd Ibn Abi'l Khair répondit :
"Ce que tu as en tête, abandonne-le ; ce que tu as en main, donne-le ; ce qui t'advient, ne l'esquive pas."
Hier, j'ai vu un road-movie, Le grand voyage, qui commence en Aix-en-Provence et va jusqu'à la Meque. Un fils accompagne son père qui fait al-hadj. C'est une belle histoire qui grandit plus en plus vers le fin.
Ce film est projeté au 10ème CinemAfrica, le festival africain annuel à Stockholm. Un de leur but est de faire découvrir aux suédois l'Afrique et le cinéma africain. Le grand voyage n'a pas vraiment une relation avec l'Afrique sauf que le réalisateur Ismael Ferroukhi est né au Maroc.
Encore une fois, l'Académie Suédoise, a choisi qui mérite le prix Nobel de Littérature. À 13 heures, Horace Engdahl, annoncait que c'est Orhan Pamuk qui gagne. La seule surprise cette année est que ce n'était pas une surprise. Il y avait des spéculations depuis longtemps qu'Orhan Pamuk va l'avoir.
Le prix Nobel de Littérature est nommé chaque année par l'Académie Suédoise. Elle se prend le droit de choisir quel est le meilleur écrivain dans le monde entier, selon des critères qualitatifs. Cela me rend un peu ambiguë. Qui peut dire quelle est la meilleure littérature ? Qui peut dire, quelle est la bonne qualité ? Je me pose aussi la question, combien de personnes dans l'Académie Suédoise qui ont lu Pamuk en turc, la langue originale de ses livres ?
Aujourd'hui, j'ai envie de publier quelques mots perspicace par Aimé Césaire. C'est l'introduction du Discours sur le colonialism paru en 1955 chez Éditions Présence Africaine.
Une civilisation qui s'avère incapable de
résoudre les problèmes que suscite son fonction-
nement est une civilisation décadente.
Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à
ses problèmes les plus cruciaux est une civilisa-
tion atteinte.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est
une civilisation moribonde.
Le fait est que la civilisation dite "euro-
péenne", la civilisation "occidentale", telle que
l'ont faconnée deux siècles de régime bourgeois,
est incapable de résoudre les deux problèmes
majeurs auxquels son exixtence a donné nais-
sance: le problème du prolétariat et le problème
colonial; que, déférée à la barre de la "raison"
comme à la barre de la "consience", cette
Europe-là est impuissante à se justifier; et que, de
plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie
d'autant plus odieuse qu'elle a de moins en moins
chance de tromper.