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À chacun son enfer, à chacun son eldorado

Publié par SENGHOR Mame Diarra sur 16 Octobre 2013, 03:28am

Catégories : #opinion

À chacun son enfer, à chacun son eldorado

L'Europe est considérée comme un eldorado , une terre où l'herbe est plus verte et où un nouveau départ est possible pour plusieurs africains. Depuis quelques années, ce paradis a un goût amer. Pour y accéder, on dépense ses dernières économies et surtout on met sa vie en péril.

Cette porte d'entrée à l'Union Européenne n'est censée être qu'un court passage avant de s'installer dans les pays voisins plus au nord, comme la France, l'Allemagne ou encore la Belgique. Une escale qui aura été fatale pour les 393 migrants qui ont péri au large des côtes italiennes et maltaises. Le 3 Octobre, l'Italie a vécu sa pire tragédie de l'immigration. Un bateau de 500 migrants, essentiellement Érythréens, a fait naufrage au bord de l'île de Lampedusa. Seules 155 personnes ont pu être secourues. Des enquêtes préliminaires suggèrent que l'embarcation a pris feu lorsque les passagers ont allumé des feux de détresse alors qu'il y avait une fuite d'essence.

Quelques jours plus tard, le 12 Octobre, une autre tragédie secoue cette fois l'île de Malte. Un navire de clandestins échoue à 110 kilomètres des côtes et alourdit le bilan des migrants morts dans la Méditerranée. Méditerranée que le premier ministre maltais, Joseph Muscat, qualifie déjà de « cimetière ». En accord avec son homologue italien, Enrico Letta, ils ont exhorté les autres pays européens à mettre en place des mesures pour contrôler cet afflux de réfugiés. La seule mesure sur la table de discussion européenne est un système de surveillance des frontières Eurosur, qui est encore loin d'être effectif. Ce plan a un objectif simple : repousser les migrants. Mais les repousser vers où? On risque de se retrouver avec un groupe de personnes en danger dans leur pays qui tente de fuir mais dont toutes les échappatoires sont fermées. Dans ce cas là, oui les plongeurs auront beaucoup de travail dans ce cimetière que devient la méditerranée.

Une autre solution serait alors de résoudre le problème à sa source. C'est à dire retenir les migrants dans leurs pays d'origine. Selon le Haut Commissariat des Nations-Unis aux Réfugiés, 32 000 migrants ont déjà débarqué sur les côtes italiennes et maltaises … et ce en une année. Que fuient ces 32 000 personnes? Une guerre civile en Syrie, un régime totalitaire en Érythrée ou encore des attaques terroristes en Somalie. Difficile alors de les faire rester dans cet enfer quand de l'autre côté de l'océan se profile sécurité, liberté d'expression et emplois. L'optimiste président malien Ibrahim Boubacar Keïta propose la tenue d'un sommet sur l'émigration qui rassemblerait à la fois les pays de départ et les pays d’accueil. Il faudrait réunir autour d'une même table l'Europe (surtout les pays de la Méditerranée), l'Union Africaine et selon lui, pourquoi pas, le Pape.

Dilemme, dilemme. Faudrait t-il des contrôleurs en mer pour repousser les bateaux clandestins, mais dans ce cas là où les renvoyer? Ou bien assurer de meilleurs conditions de traversée pour ces réfugiés?

Un dilemme qui n'en est pas vraiment un pour les pays européens car soyons honnêtes, la plus part d'entre eux misent sur une politique de fermeture des frontières. À chacun son enfer et à chacun son eldorado.

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