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Ying Gao ou la mode du futur

Publié par SENGHOR mame diarra sur 1 Novembre 2012, 21:15pm

Catégories : #culture

Ying Gao ou la mode du futur

Publié sur le site http://journalimedia.uqam.ca/

Ying Gao passe la majorité des ses journées dans un atelier, perché au 6ème étage de l’École Supérieure de la Mode de Montréal(ÉSMM). Entourée de mannequins, croquis et de machines à coudre, c’est là que la magie s’opère. Utilisant un concept très original, Ying Gao incorpore des nouvelles technologies dans ses créations : des vêtements qui se déploient sous l’impulsion d’un mouvement, d’un son ou encore qui réagissent à la lumière. Ces vêtements animés sont innovateurs dans un monde de la mode très traditionnel . Cela explique leur si grand succès à travers le monde.

Déjà diplômée de design en Suisse, Ying Gao a poursuivi ses études à l’ÉSMM où elle a décroché un Baccalauréat en design de la mode et une maîtrise en arts médiatiques. C’est la combinaison de ces deux diplômes qui l’a poussée à marier mode et technologie. Derrière l’esthétique de ses vêtements se cache des mécanismes électroniques très élaborés.

C’est une exposition d’Yves Saint Laurent qui lui a donnée envie d’apporter quelque chose de différent dans la mode. À 8 ans, Ying Gao assiste à une présentation du célèbre créateur en Chine. Élevée dans un milieu qu’elle décrit comme austère et sobre, les œuvres de Yves Saint Laurent lui ont permis de découvrir une esthétique différente.

Quand la mode rencontre la technologie…

À première vue, la mode et la technologie semblent diamétralement opposées. Et pourtant Ying Gao explique qu’elles ont en commun d’être «deux domaines extrêmement éphémères,» en constante évolution.

« La technologie m’aide à m’exprimer de manière plus expérimentale et différente,» affirme la designer.

Cette nouvelle conception de la mode demande beaucoup de patience et de travail. « C’est un drôle de processus!»

Voilà comment elle décrit la création de ses vêtements interactifs. Il faut d’abord avoir un projet en tête puis l’écrire. S’ensuit une première rencontre avec Simon Laroche, un ingénieur qui a travaillé avec l’artiste sur plusieurs de ses réalisations. C’est lui qui établit ce qui est possible de réaliser et quels sont les éventuels problèmes qu’ils vont rencontrer. Ying Gao estime beaucoup cette collaboration. «Je discute beaucoup avec Simon Laroche et on se rencontre à des moments clés pour tester les vêtements afin de voir si tout fonctionne. »

Faire bouger les vêtements est un travail de longue haleine. «Pour réaliser ces pièces spectaculaires, ça peut prendre jusqu’à un an par vêtement,» explique la créatrice.

Professeur et artiste accomplie

Tout ce savoir-faire, Ying Gao souhaite le partager avec les futurs acteurs de la mode. Depuis quelques années déjà, elle enseigne à l’École Supérieure de la Mode de Montréal. La professeur explique que «le métier de professeur est un beau métier qui m’est venu naturellement. Ma mère et ma sœur sont toutes les deux des professeurs .»

En plus d’enseigner, Ying Gao choisit quelques étudiants pour être ses assistants de recherche-création, « Pour moi, collaborer avec les étudiants est un devoir .» Elle voit cette collaboration comme un échange dans le sens où ses assistants lui apprennent beaucoup.

Isabelle Campeau, diplômée de l’ÉSMM et étudiante au certificat en histoire de l’art, a eu la chance de travailler avec Ying Gao. Prenant du recul, elle voit cette expérience comme un excellent moyen d’expérimentation pour les étudiants : «Ying Gao partage beaucoup avec ses étudiants et en étant son assistante de création, j’ai eu un moyen de m’exprimer plus librement ».

Elle fait partie des rares créateurs de mode à avoir eu une exposition solo au musée des beaux-arts du Québec. La créatrice considère cette expérience comme une reconnaissance mais ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. « L’exposition aux beaux-arts était inespérée mais ne prouve rien, à part que les musées commencent réellement à voir les vêtements comme des objets d’art ».

Ses créations dépassent les frontières du Québec. Prague, Zürich, Lyon, Anvers, les vêtements interactifs de Ying Gao ont fait le tour du monde et ont a chaque fois su intéresser et intriguer. Et ses créations « globe-trotteuses » ne sont pas prêtes à se sédentariser. Depuis le 13 octobre, deux de ses œuvres Walking City et Playtime sont exposées dans le cadre du festival Fantastic à Lille. Ces deux vêtements côtoient , parmi bien d’autres, des pièces du célèbre designer Paco Rabanne.

En plus, Ying Gao travaille déjà sur deux nouveaux projets interactifs. L’un incorporera l’eau et l’autre des fils photoluminescents.

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